Rencontre.....
Je ne sais pas tout à fait pourquoi j'en parle ici. J'ai créé un journal dont personne ne possède l'adresse pour ne pas avoir ce genre de problème : ne pas être lu par quelqu'un dont je pourrais parler, par quelqu'un qui interfère dans ma vie. Je ressends pourtant cela comme un besoin. Je vais parler d'elle. Je vais parler d'Agnes. Je pourrais lui adresser un mot.. lui dire "tu vois.." mais je le ferais pas. J'écris ce texte en me disant que sûrement elle le lira, mais que en fait, je ne suis pas sûr de le vouloir.
Agnes est la première personne du joueb que j'ai rencontré dans la vraie vie. Un jour, j'ai vu son pseudo en bas d'un commentaire sur un de mes textes. Le moment où mon ancien site fonctionnait à plein régime. Ca devait être la période ou je fleurtait avec les 200-300 visites. Comme tout le monde le fait, j'ai cliqué sur le lien. J'ai découvert un blog très joli. Des phrases simples, des mots doux, des sentiments tendres. J'ai découvert beaucoup d'indécision, beaucoup de petits points pour signifier toute cette interrogation... toute cette hésitation.
J'ai discuté, un peu avec Agnès. On se laissait des commentaires. Une histoire vécue par chacun du même type nous a rapproché. Je me connectais pour aller voir son joueb. Je faisais la tête quand il n'y avait pas de nouveaux textes, pas de réponse à mon blabla. Un peu comme quand vous attendez un e-mail qui ne vient jamais. Mais Agnès laissait toujours le commentaire ou le texte.
Il y a une dizaine de jour, le dernier jour du mois d'avril, j'ai eu son adresse e-mail. On a discuté un peu par msn, un peu par mail. J'ai été assez long à discuter par mail, je ne savais de quoi parler. On a donc approfondi sur msn. Mais elle est un peu comme moi : les faux sentiments de msn, elle n'aime pas trop. Je savais qu'elle n'habitait pas loin.
Un peu précipitament, je lui propose jeudi dernier : "si un mec qui habite pas loin de chez toi que tu as rencontré sur msn te proposait que vous vous voyez, tu dirais quoi ?". Elle me répond que ça dépend du gars, mais sûrement oui. Je suis la première personne qu'elle rencontre. Je vois un signe (n'aurais-je pas dû ?) là-dedans, dans sa réponse si joliment tournée et si rapidement prise... l'attendait-elle ? Je pense qu'elle m'apprécie bien. C'est déjà pas mal. Rendez-vous est pris rapidement, le samedi. Je m'attendais pas à si vite. Pas grave, ça me fait plaisir.
Après quelque changement à propos des difficultés à trouver un lieu correct, rendez-vous est établi.
Le samedi, le temps n'est pas au plus fort. Malgré tout, j'ai passé la nuit a anticipé. Peur d'être déçu, que la gentille et douce blogueuse soit un monstre.... je déteste internet. Elle m'invite à reporter, m'explique que nous n'aurions rien à faire et qu'il ne cesse de pleuvoir. Après quelques discussions et insistance sûrement un peu appuyé de ma part, le rendez-vous est tenu.
Je vais donc là-bas. J'ai du mal à trouver, je fais le tour de la gare, je ne trouve pas. Je trouve. Le lieu de rendez-vous n'était pas préci... je l'appelle. Elle me dit qu'elle arrive. Je retourne en arrière. Je la vois de l'autre côté de la rue. Les voitures passent. Nous attendons. On se regarde, on scrute, on juge.... faisant semblant de regarder la circulation pour pouvoir traverser. Elle est très mignonne. Elle fait plus jeune mais est ravissante. Malgré cette eau qui lui coule sur le visage. Elle a les paumettes et le bout du nez tout rouges, c'est particulièrement mignon. Je visite le coin, je connais peu. Il fait froid, il pleut, elle connait pas. Elle semble agacée, elle a froid. On passera tout de même quelques heures ensembles. J'avoue que l'ambiance, le temps, la discussion n'y était pas. Je crois que nous étions génés. Génés de nous rencontrer, génés d'être ainsi sous la pluie. On va dans un parc. Je la soule. Je sais pas pourquoi, je le sens. Je me comporte comme rarement, c'est ce temps, c'est elle. Et oui, je suis troublé par cette fille. Elle semble pouvoir juger ce qu'on a au fond de nous, ce qu'on a dans le yeux. Je le regarde, je ne sais plus quoi dire. Je suis gêné, je fais des blagues (enfin ca pourrait presque s'en approché avec un public saoul), je m'enfonce.
On rentre. Moi vers ma voiture, elle vers chez elle. On a une partie du chemin en commun. On se dit en revoir, elle s'enfuit. On pourrait croire qu'elle va manquer son bus. Pourtant, elle n'en prenait pas.
Je la revois le lendemain sur internet. Lui demande si on se reverra. Elle me dit qu'elle ne sait pas, pour ne pas dire non je suppose. Elle me dit qu'elle ne voit pas de raison à ce que l'on se revoie. Je me demande ce qu'elle espérait en venant là. Ce qu'elle souhaitait en me rencontrant. Je ne suis certain que d'une chose, je voudrais la revoir. Un jour où il fasse beau, juste pour qu'on se refasse une idée.
Je n'aime pas quand les choses finisse ainsi. Je ne voudrais pas que ça se finisse ainsi.
à 19:51